Catégorie : Secrets de beauté

Découvrez les Secrets de Beauté de Mademoiselle Saint Germain. Nous redonnons leurs lettres de noblesse à des soins d’antan, en revisitant les cosmétiques utilisées par les Femmes de l’Histoire !

Rituel cocooning d’hiver

J’imagine sans peine Marie-Antoinette se délectant de la douceur des longues balades de fin d’automne, savourant la tendresse des rayons de soleil encore tièdes sur sa peau. A peine sortie du petit Trianon, sa main s’appose sur le magnifique sophora que son époux a fait venir de Chine à peine quelques semaines plus tôt. Son regard se perd dans les reflets chatoyants des feuilles des arbres, qui se sont revêtus au fil des jours de teintes mordorées avant de parsemer le sol. Nous sommes en décembre 1774 et les jardins qui l’entourent ne sont que ravissement pour les yeux, réunissant les plus beaux spécimens des quatre coins du Monde. Quelques pas suffisent pour s’en faire une idée, le chêne chevelu côtoyant avec grâce le cèdre du Liban ou encore l’arbre aux quarante écus (ginkgo biloba), arbres sacrés parmi les sacrés. Les jours raccourcissent et deviennent trop frais et trop courts pour apprécier ce cadre exceptionnel à sa juste valeur : si ses joues rosies par le froid ajoutent sans doute à son charme, sa royale peau est malgré tout mise à rude épreuve. Cette préoccupation serait-elle réservée aux seules reines ? Je ne le pense pas, aussi je me suis plongée dans les secrets de beauté de ces dames pour vous concocter un rituel cocooning d’hiver placé sous le signe de la douceur :

1. On nettoie en douceur

Quel que soit notre type de peau, notre rituel cocooning commence par le nettoyage. Même si nous avons pris soin de la protéger cet été, notre peau s’est retrouvée exposée à une multitude d’agressions environnementales qui ont affaibli notre épiderme.

Au quotidien, on la nettoie à l’eau claire matin et soir. Cela permet en effet de débarrasser la couche supérieure de l’épiderme du sébum accumulé et de la pollution (ce particulièrement si notre peau est grasse à mixte).

Notre peau nécessite par ailleurs une exfoliation délicate une à deux fois par semaine : idéalement, on lui applique un masque gommant hydratant, destiné à dégager les pores sans agresser la peau.

Ma botte secrète

Puiser, comme toujours, dans les secrets de beauté des grandes dames d’antan, et pas des moindres ! La pommade de concombre, chérie alors pour son haut pouvoir d’hydratation, fut en effet élevée au rang de véritable standard de la cosmétique au temps des Lumières.

Inspiré de cette recette, le Masque Gommant Ressourçant associe concombre et sable ultrafin de Fontainebleau pour offrir à notre peau gommage et hydratation en un seul geste. Ce dernier point répond à un besoin pour tous les types de peaux : même si cela ne coule pas de source, les plus grasses nécessitent elles aussi d’être hydratées !

2. On hydrate intensément

A l’aube de l’hiver, les peaux sèches subissent le contre-coup de l’été puis de la rentrée. De fait, elles ont donc grand besoin qu’on prenne soin d’elles. Notre objectif premier ? Estomper les marques d’agression laissées par l’été indien (rides, rougeurs…) et les nourrir en profondeur.

Les peaux grasses à mixtes ne sont pas en reste non plus : elles ont tendance à sécréter plus de sébum, ce qui entraîne un teint luisant, voire l’apparition de quelques boutons… Comme les peaux sèches, elles ont donc besoin d’un véritable rituel cocooning pour les rééquilibrer en douceur.

Ma botte secrète

Emprunter à nos renommées aïeules l’un de leurs emblématiques secrets de beauté, l’eau de la Reine de Hongrie. Si elle doit son nom à un (pieux ?) mensonge, ses qualités, elles, en firent un cosmétique apprécié des grandes dames du XVIIIe siècle… Avant que l’Eau de Cologne ne la relègue au second plan sous le règne de Napoléon 1er. Pourtant, les vertus de celle qui n’était alors rien d’autre qu’un distillat de romarin sont dignes d’intérêt, encore aujourd’hui ! On lui prête en effet une action anti-oxydante et stimulante pour l’éclat de notre teint.

C’est donc, sans surprise, le romarin qui a les faveurs des peaux les plus délicates pour ce rituel d’hiver. On lui prête en effet – entre autres vertus – un pouvoir anti-oxydant… Sans compter qu’elle n’a pas son pareil pour rehausser l’éclat de notre peau !

Une fois notre peau nettoyée, on applique chaque jour en massage doux le Baume d’Eclat (de préférence le soir, sauf pour les peaux très sèches). Soin par excellence des peaux sèches à très sèches, ce baume est très nourrissant, leur offrant un véritable rituel cocooning.

Si notre peau est plutôt grasse à mixte, on peut aussi opter pour la Crème d’Eclat, hydratante tout en proposant une texture légère (idéale pour ne pas obstruer les pores de ce type de peaux).

3. On achève notre rituel cocooning en beauté en précisant le geste

Grand oublié de nos rituels beauté, le contour de l’œil est pourtant particulièrement sensible. La peau y est en effet très fine et l’absence de follicules pilo-sébacés ne lui permet pas d’assimiler les corps gras de manière optimale. Or, l’absence d’hydratation correcte de cette zone délicate peut provoquer un effet de “poches” malvenu…

Pour cette raison, j’ai concocté pour nos douces paupières un Soin Contour des Yeux Ressourçant. Inspiré lui aussi de la pommade de Concombre, ce soin à la composition très light (8 ingrédients seulement !) est conçu pour lisser et défatiguer le contour de nos yeux, leur assurant l’hydratation dont ils ont besoin. A utiliser matin et / ou soir pour sublimer notre regard de biche !

Une peau d’une douceur infinie, des yeux défatigués et surtout le plaisir de s’accorder un moment rien qu’à soi chaque jour… Notre rituel cocooning d’hiver ferait probablement des envieuses à la Cour, non ?!

Secrets de beauté #3 : La Pommade de Concombre

Oui, je sais, j’ai laissé un moment s’écouler sans prendre ma plume… Oh, je ne vous ai pas oublié(e)s, non ! Si j’ai délaissé ma plume le temps d’un instant, ce n’est que pour revenir à mes amours premières : la beauté et son histoire. Je me suis en effet consacrée, dans le plus grand secret, à l’élaboration d’une seconde gamme de soins qui j’espère ravira vos narines délicates autant que votre peau. Désireuse comme toujours de respecter au mieux les secrets de beauté d’antan, j’ai pour ce faire eu le privilège travailler main dans la main avec le Potager du Roi à la réintroduction d’une variété de concombre disparue depuis des siècles ! Car c’est bien sur cette cucurbitacée à qui l’on prête de nombreuses vertus en cosmétique que j’ai jeté mon dévolu. L’occasion rêvée pour revenir sur son histoire en cosmétique… Et vous dévoiler 4 versions de la renommée pommade de concombre en 4 recettes :

Le concombre en cosmétique, d’Hippocrate aux Lumières.

Si aujourd’hui, l’usage du concombre en cosmétique nous semble une évidence, c’est une coutume qui remonte à la nuit des temps ! La médecine hippocratique des contraires lui prêtait déjà en effet des vertus pour tempérer, calmer et rafraîchir la sécheresse et l’ardeur des humeurs, tout comme la courge, le melon et la citrouille. Ce sont d’ailleurs ces vertus qui leur valurent le nom des « quatre semences froides ».

Pendant un temps, il a ensuite semblé tomber en désuétude : ce n’est qu’au XVIe siècle qu’il fut remis au goût du jour en cosmétique ! Ainsi, le médecin Jean Liébault recommande pour contrer le hâle laissé par le soleil la confection puis l’application d’un onguent à base de concombre.

Concombre blanc de Bonneuil
Planche botanique d’une variété de concombre du XVIIIème siècle : le concombre blanc de Bonneuil

Dès le siècle suivant, le concombre redevient un actif phare des préparations cosmétiques destinées à rafraîchir et adoucir la peau, sinon à la blanchir. C’est ainsi que distillé, il intègre maintes formules d’eaux cosmétiques. Et, surtout, il s’impose comme ingrédient principal dans la fabrication d’émulsions pour la peau et de pommades propres à ôter les rougeurs, à entretenir et à rafraîchir le teint.

Et ensuite ? Au XVIIIe siècle, l’heure n’est plus aux eaux distillées : si le concombre laisse une sensation de fraîcheur, les parfumeurs savent d’expérience que la distillation favorise la perte de ces « principes actifs ». Cette cucurbitacée ne sert donc plus alors qu’à la confection de pommades éponymes. Celle que l’on prénomme désormais « pommade de concombre » connait alors son apogée, élevée au rang de véritable standard de la cosmétique des Lumières, et reconnue comme tel par la communauté scientifique de l’époque.

La pommade de concombre en 4 recettes

Comme beaucoup de préparations cosmétiques de l’époque, si la pommade de concombre en tant que produit standard fait consensus au XVIIIe siècle, il en existe de nombreuses recettes ! Je vous en ai donc sélectionné un florilège qui devrait vous permettre de vous en faire une première idée. Ames sensibles s’abstenir : toutes sans exception contiennent de la graisse animale (utilisée ici comme excipient) …

1. La pommade pour ôter les rougeurs et rafraichir le teint de Simon Barbe

C’est au parfumeur Simon Barbe que l’on doit cette version de la pommade de concombre, qu’il préconise pour ôter les rougeurs et rafraichir le teint. Il la combine pour cela à de l’huile d’amande douce et de la cire vierge :

« Vous ferez blanchir dans l’eau une livre de panne de porc mâle en la faisant tremper par plusieurs jours, comme je l’ai expliqué ci-devant, et étant égouttée vous la mettrez dans un pot de terre neuf avec une once et demie des quatre semences froides pilées, deux ou

trois pommes de rainette coupées en morceaux, un morceau de rouelle de veau grand de quatre doigts ; vous ferez bouillir le tout au bain-marie pendant quatre heures, ensuite vous passerez votre pommade par linge bien serré, et vous laisserez tomber la coulature (sic) dans une terrine que vous mettrez après sur les cendres chaudes, y ajoutant une once d’huile d’amande douce et une once de cire vierge blanche, le tout étant fondu et mêlé vous le retirez du feu, battant cette pommade avec la spatule jusqu’à ce qu’elle soit froide et elle sera faite. »

2. La pommade de concombres de Pierre-Joseph Buc’Hoz

Le médecin botaniste Pierre-Joseph Buc’Hoz associe quant à lui le concombre au melon et aux pommes de reinette pour confectionner sa pommade !

 

Recette de Buc’Hoz, « Laboratoire de Flore », 1771

3. pommade de concombre de Pierre-Antoine Baumé

13 ans plus tard, le pharmacien Antoine Baumé nous livre une recette assez similaire de la pommade de concombre :

Prenez graisse de porc deux livres, concombre et melon bien mûrs ensemble six livres, verjus une livre, pommes de reinette N° 4, lait de vache deux livres. On coupe grossièrement la chair des melons, des concombres et des pommes de reinette. On sépare les écorces seulement ; on écrase le verjus. On met toutes ces choses dans le bain-marie d’un alambic, avec le lait et la graisse de porc. On fait chauffer ce mélange au bain-marie pendant huit ou dix heures : alors on passe avec expression tandis que le mélange est chaud. On expose la pommade dans un endroit frais pour la faire figer : on la sépare de l’humidité qui se trouve dessous : on la lave dans plusieurs eaux jusqu’à ce que la dernière sorte claire. On fait refondre cette pommade au bain-marie à plusieurs reprises, pour la séparer de toutes ses fèces et de toute son humidité, sans quoi elle rancirait en fort peu de temps : on la conserve dans des pots. On fait encore une pommade simple de concombre en faisant chauffer ensemble de la graisse de porc et des concombres pelés et coupés par morceaux : on procède pour le reste de la préparation de cette pommade comme pour la précédente et on la conserve dans des pots. L’une et l’autre de ces pommades sont cosmétiques ; elles servent à adoucir la peau et à la maintenir dans un état de souplesse et de fraîcheur .

Recette d’Antoine Baumé, « Éléments de pharmacie théorique et pratique », 1784.

4. La pommade au concombre de Marie-Amande Gacon-Dufour et Jeanne d’Humières

Autre siècle, autres méthodes : si Marie-Armande Gacon-Dufour et Jeanne d’Humières, auteures du « Manuel du parfumeur », ont toujours recours à des ingrédients animaux, elles délaissent toutefois la panne de porc utilisée par Simon Barbe, jugée trop « corruptible », au profit de la graisse de veau. Hormis cet ingrédient, leur pommade ne contient que du concombre et seulement du concombre, les autres essences étant supposées inverser son effet rafraichissant :

Recette de Marie-Armande Gacon-Dufour & Jeanne d’Humières, « Manuel du parfumeur », 1825

Comme vous avez pu le constater au travers de ces 4 recettes, la pommade au concombre a donné lieu à de nombreuses variantes, revisitées et perfectionnées au fil du temps. Aujourd’hui, je suis désireuse à mon tour de vous inviter à bénéficier des trésors de vertu dont recèle cette cucurbitacée… Et qu’il me tarde de vous présenter ces cosmétiques que j’ai pris tant de soin à vous concocter ces derniers mois !

 

 

Secrets de Beauté #2 : L’Eau de la Reine de Hongrie

L’eau de la reine de Hongrie. Un nom qui sonne tellement doux à mes oreilles qu’il m’a tout naturellement inspirée la toute première gamme de cosmétiques Mademoiselle Saint Germain. Un bien joli nom pour un extrait aqueux (ou distillat) de romarin en vogue à la cour de Versailles pendant des décennies et des décennies, aussi bien pour ses propriétés médicinales que pour ses vertus cosmétiques. Et surtout, un nom imprégné d’histoire(s) : par quel miracle une recette originaire de Hongrie arriva-t-elle jusqu’au Château de Versailles ?

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Secrets de Beauté #1 : Marie-Antoinette ou la genèse de la cosmétique naturelle

Eprise d’histoire, de beauté…Et d’histoire de la beauté, mon souhait le plus cher est de vous offrir, à travers les cosmétiques Mademoiselle Saint Germain, ce que le règne végétal a de meilleur. Mon association avec le Potager du Roi de Versailles pour m’approvisionner en végétaux n’a donc rien du hasard… Mais sonne comme une évidence pour moi qui éprouve tant d’admiration pour Marie-Antoinette, grande dame d’un autre temps férue elle aussi de beauté naturelle ! En effet, cette jeune reine, et avec elle ses secrets de beauté, est à l’origine d’un véritable bouleversement des pratiques cosmétiques de l’époque (qui ne consistaient alors qu’à masquer crasse et odeurs) !

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Qui est Mademoiselle Saint Germain ?

Mademoiselle Saint Germain : de la jeune fille rêveuse…

Jeune fille rêveuse, Mademoiselle Saint Germain s’imaginait volontiers en grande dame de la fin du XVIIIe siècle. A l’heure où les jardins du palais étaient d’une splendeur inégalée, sous l’impulsion d’une jeune reine férue de botanique. A l’heure où les recettes de beauté avaient délaissé les minéraux, suspectés de provoquer des effets indésirables, au profit des végétaux.

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Redonner leurs lettres de noblesse à des soins d'antan.

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